Carthage : Ma petite entreprise ne connaît pas la crise

François ChartonLa crise ne touche pas toutes les entreprises de la même manière : l’avis de François Charton, de l’agence média Carthage

Carthage, ville antique pour les géographes, agence média pour les SRC.
Mais pourquoi ce nom ?
Avec une pointe d’humour, le directeur de l’agence explique qu’il souhaitait au départ l’appeler Potomac et avoir pour logo un chat avec un casque de Viking. Au final, rien à voir avec le résultat actuel : Carthage et un éléphant vert.

La crise dans tous les esprits
D’après ses explications, la crise vient essentiellement des annonceurs qui vendent moins de produits ou moins chers. Ceci engendre une diminution des investissements à long terme, donc une baisse des recettes pour les agences médias. De ce fait, la crise touche les agences médias avec un retard par rapport aux autres entreprises mais elle est amplifiée lorsqu’elle les frappe.
Par la même occasion, il a souhaité ajouter un point sur les plans sociaux : autrefois, quand une entreprise était en crise elle licenciait alors qu’aujourd’hui, elle essaie de reclasser les employés pour éviter d’avoir mauvaise presse.

Les tendances du marché
Aujourd’hui, le marché affiche trois tendances. La première est la « financiarisation » : aujourd’hui, les agences médias sont gérées par des financiers et non par des créatifs. De ce fait, elles ne sont plus dirigées par des personnes connaissant le milieu mais par des gens qui recherchent l’économie à tout prix. La deuxième tendance est le « court-termisme » : les entreprises voient à court terme et ne cherche plus les investissements longs qui sont difficiles à gérer dans la mesure où elles ne savent pas si elles arriveront à surpasser la crise. La troisième tendance est le développement du réseau social. De nos jours, les entreprises n’utilisent plus d’organismes pour recruter mais leurs propres contacts. Cela leur permet d’embaucher des personnes qu’ils connaissent et leur évite la lecture rébarbative des CV dont les formations sont souvent méconnues par leur multiplicité.

Les SRC, un avantage concurrentiel
François Charton a mis en avant la qualité des étudiants SRC pour travailler dans les médias en expliquant que tous les ans, quelques étudiants parvenaient à intégrer ce milieu. Il a également rappelé qu’ils étaient issus d’une formation courte, ce qui permet de les embaucher pour un bas salaire. En revanche, leur jeune âge peut être un frein à l’emploi.
Pour les étudiants, les stages restent un bon moyen d’intégrer au plus vite une entreprise. En effet, ils sont utiles pour acquérir de l’expérience et permettent parfois d’écourter la période d’essai lors de l’embauche. Cependant, il ne faut pas les multiplier car il faut parvenir à concrétiser sa carrière professionnelle par un emploi stable. De plus, en habituant les entreprises aux stagiaires, ils hésitent de plus en plus à embaucher car les salaires sont beaucoup moins attractifs.

Les SRC en période de crise
En temps de crise, les étudiants SRC peuvent être une « main d’œuvre » intéressante, à la formation complète (et ce à moindre coût !). Une question peut aussi se poser : continuer ses études pour laisser passer la crise ? Lancer son entreprise ? Il faut savoir que des formations ponctuelles sont également envisageables en entreprise et que l’activité libérale, même si difficile à mettre en place à l’issue d’un DUT, permet de nourrir son réseau et son expérience. Tout est donc affaire de stratégie personnelle.

Anne-Sophie Donis
Fanny Dubrey